interview

“I want this to be a true collaborative Innocent Criminals record »

Dans cette interview accordée à NEWS.com.au, Ben nous parle du Byron Bay Blues festival, des Innocent Criminals et de leur prochain album… Merci à Kevin Hunt pour avoir partagé le lien !!
Voici le lien pour accéder à l’interview complète:

http://www.news.com.au/entertainment/music/ben-harper-reveals-why-he-isnt-the-easiest-musician-to-work-with-as-he-reforms-the-innocent-criminals/story-e6frfn0r-1227162213539

Ben Harper : « Personne ne me cassera »

Chaque sortie d’un album de Ben Harper est un évènement. De par le caractère unique de cet artiste militant hors normes. Ben Harper propose ce mois-ci son premier effort solo depuis cinq ans. Après deux albums avec The Innocent Criminals et un avec Relentless7, le chanteur américain revient sous son seul nom.

Intitulé Give Till It’s Gone, ce dixième enregistrement se révèle être un éblouissant retour aux sources. A l’image des singles « Rock’n’roll Is Free » et « Don’t Give Up On Me Now ». Ben Harper n’a pas la réputation d’être toujours facile en interview. Coup de chance, ce jour là, le musicien est de bonne humeur et semble heureux de discuter de ses nouveaux morceaux. Discussion avec Ben Harper alors qu’il est à Sydney en Australie.

Ben Harper « J’ai toujours ressenti ce côté seul contre le monde. »

Où classerais-tu ce disque au sein de ta discographie ?

Ben Harper : Je ne veux pas faire croire que je n’aime pas parler de ma musique, car j’adore, mais on ne devrait pas avoir à se soucier de la traduire par des mots. Le plus important, c’est que les gens la découvrent sans idée préconçue. Afin d’en retirer l’essence même, d’en ressentir l’émotion à son état brut. Chaque description est liée à la personne qui la formule. A chacun sa manière de ressentir les choses. Comme le dit Bob Marley : « quand la musique te touche, tu ne sens plus la douleur. » Je veux préserver cela.

On peut néanmoins affirmer que Give Till It’s Gone est un disque optimiste.

Ben Harper : Je suis ravi que tu le ressentes de cette manière. Dans un monde en guerre, en pleine confusion technologique, en crise écologique grave, taper du poing en affirmant « personne ne me cassera » comme dans ma chanson « I will not be broken » est une prise de position. Give Till It’s Gone n’est pas un disque sans danger. Selon moi, il ne recule devant rien et est effectivement plein d’espoir.

Parmi toutes les batailles que tu as livrées à travers ta musique, lesquelles te sont les plus chers ?

Ben Harper : Sans hésiter, celle de « Like A King ». Faire cette déclaration à l’époque était osée. A savoir lier les destins de Martin Luther King et de Rodney King après les émeutes de Los Angeles et dire que le rêve de l’un était devenu le pire cauchemar de l’autre. On peut d’ailleurs relier cette chanson à “I Will Not Be Broken”. Malgré les épreuves, les défis, je ne serai pas cassé.

On t’a toujours senti à part au sein de la scène musicale. Une place qui semble te ravir.

Ben Harper : Je ne crois pas sonner comme quelqu’un d’autre. A mes débuts, je sortais vraiment du lot. À part Jeff Buckley et Morphine, la mode était au grunge. J’ai toujours ressenti ce côté seul contre le monde. Je préfère privilégier la subversion à la norme. J’ai pu ainsi me forger ma propre personnalité. Et si c’était à refaire, je ne changerai rien. J’apprécie d’autant plus ma position aujourd’hui. Comme si je l’avais atteint à la sueur du front. Néanmoins, je sens un lien de camaraderie avec beaucoup d’autres artistes. De Jack Johnson, Eddie Vedder de Pearl Jam à Jack White.

« Ceux qui sont signés sur des majors et qui prétendent ne pas être des vendus, ne sont que des hypocrites. »

Dans le single « Rock’n’roll is free », tu clames que le rock n’a jamais été aussi libre. Qu’entends par là ?

Ben Harper : Je ne veux pas être hypocrite. Ma musique est à vendre. Je fais parti d’une corporation gigantesque. Ceux qui sont signés sur des majors et qui prétendent ne pas être des vendus, ne sont que des hypocrites. C’est de la connerie. Tu signes sur un label comme EMI en ayant conscience de qui ils sont, de ce qu’ils recherchent et tu fais alors parti intégrante de leur business. Car la musique est pour eux un business. Ceci dit, le rock’n’roll est libre comme il ne l’a jamais été depuis que je vis de ma musique. Si tu as 16 ans à Clermont Ferrand, à Biarritz, à Narbonne ou n’importe où ailleurs en France, et que tu ne peux te payer un disque de Ben Harper, je t’autorise à trouver ma musique gratuitement. Mais si tu peux te la payer, dans ce cas, je demande à ce que tu achètes mes disques pour respecter mon travail et la loi du copyright.

Give Till It’s Gone est marqué par la présence de deux de tes idoles : l’ex-Beatles Ringo Starr et le songwriter folk Jackson Browne.

Ben Harper : Ringo et moi, nous nous sommes rencontrés il y a quatre ans quand on m’a proposé de l’interviewé pour une émission sur sa demande. De là est née notre amitié. Il m’a ensuite invité sur son dernier album solo Y Not à chanter des choeurs avec Paul Mccartney à la basse tandis que lui était à la batterie et au chant. Si vous m’aviez parié à l’époque de mon premier album que 15 ans plus tard je jouerai avec Ringo Starr, je n’aurai pas misé un cent. La veille de l’enregistrement de Give Till It’s Gone, Ringo m’a dit qu’il serait honoré de participer à mon disque si je le souhaitais. Je n’en revenais pas.

On a été surpris de t’entendre en duo avec Mylène Farmer pour une reprise d’Inxs ?

Ben Harper : J’ai été aussi surpris que toi d’être en duo avec Mylène Farmer (rires). Je connais Jon Farriss, l’un des fondateur d’Inxs, depuis quelques années maintenant. Il préparait ce tribute et m’a demandé si j’accepterai de chanter sur « Love Will Tear US Apart », d’autant plus que j’ai par le passé repris cette chanson en live. J’ai accepté et j’ai enregistré mes voix. La prod m’a plu. Puis, il me parle de Mylène. J’étais assez surpris, je n’étais pas certain de vouloir un duo avec elle d’autant plus que je ne la connaissais pas. Je me suis intéressé à sa musique et à son univers. J’ai adoré sa voix. Elle me paraîssait talentueuse mais de là à travailler avec elle… Jon Farriss a insisté. Du coup, j’ai décidé d’arrêter de faire mon snob de la musique et de laisser une chance à l’idée. Elle a enregistré et j’ai aimé le résultat. Il est plein d’âme et d’émotions. Mais je n’ai encore jamais rencontré Mylène. Même si je peux dire que je suis fan aujourd’hui. J’aimerai rechanter avec elle. De John Lee Hooker à Mylène Farmer, c’est le grand écart pour moi (rires).

On te sait amateur de skate. « Clearly Severely », une chanson du nouvel album, est même consacrée au skate. Que retires-tu de ce sport ?

Ben Harper : Je skate depuis que je suis petit. Par intermittences. Mais ces trois dernières années, je n’ai pas arrêté de skater. Je suis actuellement à Sydney. Je vois l’Opera House par la fenêtre et une fois cette interview terminée, l’Opera House a accepté que je skate dans leur parking. Comme il pleut dehors. Une fois raccrochée, je prends ma bouteille d’eau, mon bandana et je vais skater. Je vais essayer de faire un nollie. D’ailleurs, je m’engage à t’envoyer la video si jamais j’y arrive (Ben Harper a respecté son engagement-ndr). Le skate est plus qu’un sport. Sans le skate, je serai certainement paumé. C’est un moyen d’expression. Je surfe aussi mais je ne ressens pa la même sensation de liberté sur la vague. « Clearly Severely » parle clairement de skate de la douleur qui va avec. Si tu veux faire du skate, apprends avant tout à tomber. Si cela fait mal, recommence. La skate te permet de contrer la peur. Il t’enseigne le sens du défi, la discipline, l’envie et le fait d’essayer jusqu’à temps que tu y arrives. Malgré les bleus.

Ben Harper effectue un nollie heelflip.

Source:  www.musiquemag.com